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Méthode · 5 min de lecture

Coactivité en entrepôt : baliser sans bloquer les flux

Un balisage trop étendu est plus dangereux qu'utile : il devient un décor que personne ne regarde. Voici la méthode que nous appliquons sur les plateformes de l'agglomération.

La règle : une zone à la fois

On ne balise jamais plus que ce qu'on traite dans l'heure, et on rend la zone avant d'en ouvrir une autre. Cette règle paraît coûteuse — elle allonge une rotation complète de neuf mille mètres carrés à quatre nuits — mais elle est la seule qui permette à l'exploitation de continuer sans que le balisage devienne un obstacle contourné.

L'effet secondaire est important : un balisage restreint reste crédible. Quand un cariste voit deux cônes et une allée, il comprend l'information. Quand il voit trente cônes sur tout le bâtiment depuis trois semaines, il ne voit plus rien.

Le matériel ne remplace pas la parole

Un balisage n'a de valeur que s'il est vu, compris et respecté. Les cônes en tête et en pied d'allée assurent la première condition, mais la deuxième et la troisième passent par l'annonce verbale : le chef d'équipe logistique sait où nous sommes et dans quel sens nous progressons.

Sur les sites où cette annonce n'est pas organisée, nous constatons des contournements réguliers du balisage. Presque toujours, la cause n'est pas l'indiscipline mais l'ignorance : personne n'a dit à l'équipe de nuit qu'un prestataire travaillait dans l'allée 12.

Ce qui se passe quand la zone redevient active

Un engin se présente : l'agent interrompt, dégage le matériel et laisse la priorité, sans invoquer l'antériorité du balisage. Si le cas se répète plus de deux fois dans la nuit, l'allée est signalée et reportée — c'est le plan de circulation qui doit changer, pas la vigilance de l'agent.

Une équipe de maintenance ouvre un chantier dans la zone : nous sortons. Deux balisages superposés ne protègent personne, et nous ne sommes pas les mieux placés pour évaluer le risque créé par une intervention technique.

La restitution compte autant que le nettoyage

Une allée mal rendue est un problème d'exploitation dès cinq heures du matin. Le contrôle de fin de poste porte donc autant sur la restitution que sur la propreté : marquages au sol dégagés et lisibles, aucun cône ni tuyau laissé en allée, sols secs avant remise en service, quais dégagés.

C'est aussi le moment où nous signalons ce que nous avons vu : un pied de rack endommagé, une protection arrachée, une fuite. Ces signalements ne relèvent pas de notre prestation, et c'est précisément pour cela qu'ils ont de la valeur.

Les trois délais qui comptent

  • Visite de site conjointeJ+0 à J+5
  • Plan de prévention signéJ+5 à J+10
  • Démarrage encadréJ+10 à J+15

Délais constatés sur les sites de l’estuaire. Ils dépendent de votre service HSE et ne constituent pas un engagement.